*article écrit à chaud, juste après avoir vu le dernier épisode (5x12 "Everyone's Waiting")*
(et bien évidemment spoiler pour ceux qui voudraient un jour s'intéresser à SFU :-P)
Les défenseurs de l'univers Buffy/Angel aiment dire que la série est
intéressante parce qu'il s'agit d'une métaphore de la vie... C'est sans doute vrai, mais c'est pas du tout pour cette raison que j'en suis autant fan. Ce que j'y trouve personnellement et qui me plaît, c'est
l'univers fantastique, la mythologie, tout ce qui fait qu'on se retrouve plongé dans un monde extrêmement riche et cohérent, et les possibilités infinies qui en découlent pour l'imagination.
OZ est du coup beaucoup plus concrète...
On y parle de la réalité. Mais quelle réalité ? Une réalité que partagent un très petit nombre de personnes.
La portée n'est absolument pas universelle (même si certains thèmes le sont, la série en elle-même ne l'est bien-sûr pas) (ceci dit sans que ça ne diminue en *aucune* manière l'intérêt qu'on peut lui trouver).
Mais qu'en est-il de Six Feet Under ? Là, les choses sont différentes :
le message est réellement universel, et est donné de manière directe. Contrairement aux raccourcis qu'on a tendance à faire, le message porté par cette série n'est pas un message sur la mort mais bel et bien un message sur la vie (je ne me contredis pas par rapport à ce que
j'avais écris au tout début de ce blog :-P (ça commence à faire un moment que je m'en occupe de celui-là d'ailleurs lol)).
Je me suis rendu compte d'un truc... quel est
le point commun entre :
- Six Feet Under
-
The Hours et
Michael Cunningham en général
- Les
chroniques de San FranciscoIl y en a 2 :
- Je suis complètement fan de tout ça
-
Le message est exactement le même !(bon... le 3ème c'est que c'est bourré de personnages pédés >_<)
Naruto a trouvé sa « voie du ninja », je crois que j'ai aussi trouvé la mienne lol. Qu'est ce qui se passe dans la saison 5 de SFU ? Que des choses affreuses... c'est
la saison la plus déprimante de toute l'histoire des séries américaines >_< Quoi que, parmi toutes ces choses affreuses, certaines lassent apparaître
un espoir (l'adoption d'Anthony et Durrel par David et Keith, le bébé de Brenda, Claire qui finit par trouver sa voie...).
Et comment finit le dernier épisode ? avant de répondre à ça, il faut d'abord dire comment il commence... À l'inverse de tous les épisodes de la série, il ne commence pas par une mort, mais par une naissance. Une naissance difficile et très incertaine, certes. Mais lorsque se clôt la première scène,
le nom du bébé de Brenda n'est suivi que de sa date de naissance, pas celle de sa mort.
La fin, maintenant : on voit tous les personnages principaux de la série dans le futur au moment de leur mort, avec leurs dates comme traditionnellement dans la série (naissance... et mort cette fois-ci). Cette fin est exactement la même que dans « De Chair et de Sang » de Michael Cunningham... Chaque chapitre a le nom de l'année où l'action se situe, et
les derniers chapitres sont réservés à la mort, plus ou moins loin dans le futur de chaque personnage restant. Quel est l'intérêt ? Si c'est pour faire pleurer le lecteur/spectateur, je confirme que c'est plutôt efficace. ^^'
... Mais au-delà de ça, ça sert à mettre les choses en perspectives, et à dire ce qu'est réellement la vie :
un passage, qui restera très fugace à l'échelle du temps, voir même à l'échelle de quelques générations, peu importe l'intensité des évènements qui se sont déroulés.
Ce constat peut tout autant être
interprété comme optimiste ou comme pessimiste. À quoi bon lutter si au final tout finit par se perdre ? // Il faut lutter pour que le temps passé en étant vivant reste le plus intéressant possible.
Le choix est laissé à chacun.
J'enfonce peut être quelques portes ouvertes dans cet article, mais savoir les choses et les ressentir réellement sont deux choses différentes, et
les voir ainsi exprimées avec autant de justesse est proprement incroyable. Pour moi, SFU est
un chef d'œuvre au sens réellement « artistique » du terme. En tant qu'objet, c'est finalement pas grand-chose (sculpture, etc. ici : une série télé), mais
dans le fond et dans la forme du message qu'il fait passer, c'est complètement hallucinant...